Les Blasons

Blasons de Guyenne et de Normandie

Historique des Blasons

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Blason est un mot d'origine obscure, qui vient peut-être du francique blâsjan (torche enflammée, gloire), plus probablement du latin blasus signifiant « arme de guerre ». « Blasonner » signifie décrire des armoiries suivant les règles de la science héraldique. Au sens strict, le blason est donc un énoncé, qui peut être oral ou écrit. C'est la description des armoiries faite dans un langage technique, le langage héraldique. Le blasonnement est l'action qui consiste à décrire des armoiries (et donc à énoncer le blason qui est représenté). La science du blason est très ancienne, elle se fonda moins d'un siècle après que la mode des armoiries se fut établie au Moyen Âge.

L’héraldique est la science des blasons, c'est-à-dire l'étude des armoiries (ou armes). C'est aussi un champ d'expression artistique, un élément du droit médiéval et du droit d’Ancien Régime. L'héraldique s'est développée au Moyen Âge dans toute l'Europe comme un système cohérent d'identification non seulement des personnes mais aussi en partie des lignées (le blason pouvant être transmis par héritage en traduisant le degré de parenté) et des collectivités humaines, ce qui en fait un système emblématique unique en un temps où la reconnaissance et l'identification passaient rarement par l'écrit.

Apparue au XIIe siècle au sein de la chevalerie, elle s'est rapidement diffusée dans l'ensemble de la société occidentale : clercs, nobles, bourgeois, paysans, femmes, communautés… Ensuite, on s'en est également servi pour représenter des corporations de métiers, des villes et plus rarement des régions, des pays.

Les blasons des chevaliers sont peints sur leurs écus à partir de 1150 (environ) pour qu'ils soient reconnus dans les batailles.

Un des premiers exemples est sur les émaux du tombeau d'Henri 11 Plantagenet. C'est un léopard jaune sur fond bleu. Henri II était duc de Normandie en 1150, et d'Aquitaine en 1152, puis roi d'Angleterre en 1154. Il meurt en 1189. Son fils, Richard Coeur de Lion, décide en 1194 que le blason d'Angleterrre est la réunion de celui de l'Aquitaine (un léopard) et celui de la Normandie (2)

guyenne.jpgBlason de la Guyenne        
armoirie-norm.jpgBlason de la Normandie        

Je ne sais pas à quel moment le fond rouge a remplacé le bleu.

Le léopard est une variante du lion (Pourquoi?)

Avec l'aigle et l'ours (de Berne) ces animaux représentent la force.

 Yves LERMAT

Le léopard est une variante du lion (Pourquoi?) En Europe, le léopard est décrit pour la première fois dans les bestiares médiévaux comme un animal vil issu d'un croisement adultère entre le lion (leo) et le pard. (Le pard est une panthère ou quelquefois un guépard qui s’accouplant avec un lion donnerait le léopard (d’après ce que l’on croyait au moyen-âge)

Alain-Michel Bea

 Les Blasons (suite)

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Le Havre évidemment, c'est la salamandre de François Ier, fondateur de la ville en 1517.

Une des 3 fleurs de lys (de bonne ville) a été remplacée par un lion des Flandres après que Sainte Adresse ait accueilli le gouvernement belge (en exil) pendant la guerre 14-18. Sainte Adresse était une commune indépendante juxtant celle du Havre avant la guerre.

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 Rouen, les 3 lys de bonne ville, Rouen était plus peuplé que Paris au Moyen Age.

L'agneau Pascal rappelle aussi l'activité drapière, présent probable dès 1266, certain au 14ème.
Avant la conquête de la Normandie il y avait 2 léopards ??

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Saint Lo, les 3 lys donnés par Louis XI pour sa résistance aux anglais.

La licorne est un symbole de pureté au Moyen Age de la Vierge Marie,

Saint Lo est sous sa protection.
A Saint Lo, il existe une statue, une rue et un domaine de la licorne...

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Rennes

Origine des armoiries : palé d'argent et de sable, au chef d'argent, chargé de cinq mouchetures d'hermine. Gilles de Languedoc, greffier de la commune de Rennes en 1697, s'est occupé de l'origine des armoiries de la ville. Dans son recueil historique, il rapporte que les plus anciennes pièces figurant l'existence de la commune de Rennes sont de 1410 et 1418, et qu'en 1523, un arrêté ordonna de faire deux sceaux d'argent, gravés aux armes de la ville. Les sceaux apposées au bas des actes et les écussons sculptés sur les portes des hospices de Sainte-Anne et Saint-Yves nous apprennent qu'alors le blason de Rennes était : d'argent, à trois pals de sable, au chef semé d'hermine. L'ignorance des peintres et des sculpteurs a transformé le champ en palé par sa division de six pals égaux, et elle a réduit à quatre les taches d'hermines, ou à cinq. d'Hozier l'a enregistré tel que dans l'Armorial officiel de 1699. Les pals de Rennes rappellent, selon certains auteurs, les palissades de la ville qui a soutenu au XIVe siècle de si nombreux siéges. Le chef d'hermine est pour la Bretagne.

Les Blasons (suite)


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Bretagne

La Bretagne la patrie des rois et des grands duchés et foyer de la rebellion chouane avait pour devise en latin: Potius mori quam foedari et en breton: Kentoc'h mervel eget bezañ saotret (Plutôt la mort que la souillure) ou quelque fois dit: Plutôt la mort que la soumission)

  1. Des armes simples qui lui soient propres étaient souhaitables pour la Bretagne de ce point de vue.
  2. Les couleurs de l'échiqueté d'azur et d'or (en fait, d'or et d'azur) indiquaient au XIIIe siècle le cousinage capétien avec les rois de France, élément alors valorisant. Mais au XIVe siècle, les fleurs de lys étant devenues l'élément central de l'héraldique royale française, l'échiqueté avait perdu son prestige initial.
  3. La fourrure d'hermine avait gagné en valeur du XIIIe siècle au XIVe siècle, et doublé celle du Vair (ou petit-gris), auparavant plus cotée. L'hermine était désormais perçue comme la fourrure des rois et des juges.
  4. Surtout l'hermine, sorte de « semé de mouchetures d'hermine » répondait, esthétiquement et symboliquement, au semé de fleurs de lys des rois de France.


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 Nantes

Origine du blason de Nantes

De gueules au navire équipé d'or habillé d'hermines, sur une mer de sinople, au chef d'hermines. Les premiers sceaux de Nantes représentent le duc de Bretagne sur une barque brandissant une épée comme pour protéger la ville. Au XVe siècle, la barque évolue en nef d'or, figurant le port commercial et la mer est verte pour symboliser la Loire ouverture sur l'océan. Les armoiries de Nantes sont souvent augmentées d'une cordelette insigne de l'ordre fondé par Anne de Bretagne en l'honneur de St-François d'Assise. L'écu sera parfois timbré d'une couronne comtale et accompagné de la devise "Oculi omnium in Te sperant Domine"

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Limousin

Le blason du Limousin utilise aussi l'hermine héraldique. En effet, le blason de la province du Limousin est issu de celui d'une Maison de Bretagne, celle des Penthièvre : « d'hermine, à la bordure de gueules », depuis Guy VII, vicomte de Limoges, fils d'Arthur II, duc de Bretagne et de Marie de Comborn. Héritière de la vicomté, sa mère (nommée également Marie de Limoges) avait épousé en 1275 l'héritier des ducs de Bretagne. La troisième famille des vicomtes de Limoges porta donc, dans ses armes, l'hermine de Bretagne.

On notera également que les unités de gendarmerie départementale du Limousin portent comme celles de Bretagne un écusson d'hermine plain, mais bordé de gueules (c'est-à-dire de rouge).

Les Blasons (suite)

Pour ce 4ème opus je vous propose les villes de Paris et La Rochelle

Le blason de Paris, sous sa forme actuelle, date de 1358, époque où le roi Charles V donna le chef semé de fleurs de lys.

Son blasonnement est :

blason-paris-1354.jpgParis

« De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or »

Le navire représenté est le symbole de la puissante corporation des Nautes (Les nautes sont une confréries d'armateurs mariniers naviguant sur les fleuves et rivières de la Gaule. Il devait s'agir d'armateurs ou de commerçants assez aisés, puisque c'est dans leurs rangs que les autres confréries navigantes (dendrophores, utriculaires) choisissaient habituellement leurs patrons). ou des Marchands de l'eau, gérante de la municipalité au Moyen Âge. La devise de la ville, « Fluctuat nec mergitur » (« Il est battu par les flots sans être submergé » ou encore « Il flotte mais ne sombre pas»), est également une référence à ce bateau.

Une nef, ou un vaisseau, paraissent avoir été de tout temps le symbole de la corporation des marchands de l'eau, qui donna ensuite naissance à la municipalité de Paris. On a même pu faire remonter ce symbole aux nautes de Lutèce dès l'époque gallo-romaine, même si sa forme n'a pas toujours été la même.

blason-la-rochelle-554.jpgLa Rochelle

 « De gueules au vaisseau d’or, habillé d’argent, voguant sur une mer de sinople mouvant de la pointe, au chef cousu d’azur, chargé de trois fleurs de lys d’or. »

— Malte-Brun, La France illustrée, (1884)

Blasonnement des armes traditionnelles de la ville de La Rochelle, conférées par Charles V en 1373, en récompense de sa loyauté, sous la devise Servabor rectore Deo, son sens prêtant à plusieurs traductions comme « Je serai sauvé[e], Dieu étant mon guide » ou suivant le grammairien rochelais René Gautier en propose la traduction suivante : « Dirigé par Dieu, je serai sauvé »

Le chef d’azur à trois fleurs de lys d’or était étroitement lié à la monarchie française, et était une augmentation accordée aux armes des villes qui avaient le droit de se faire représenter par leur maire au sacre du roi de France. La couleur azur symbolise la fidélité, la persévérance et la loyauté, tandis que la fleur de lys symbolise la pureté d’essence divine. Le gueules (la couleur rouge) symbolise le patriotisme, le courage et l’amour. La couleur sinople de la mer symbolise la liberté, et l’espérance. La couleur or du vaisseau symbolise la noblesse, l’intelligence, la vertu ainsi que la connaissance divine, tandis que l’habillage d’argent symbolise la sagesse et la richesse.

« D'or au vaisseau à trois mâts de sable, voguant à senestre et soutenu d'une mer de sinople, au chef de gueules chargé de trois abeilles d'or. »

La devise officielle de la ville reste celle attachée à son blason. La « signature » est aujourd'hui « La Rochelle, généreuse et belle » remplaçant celle créée sous la mandature de Michel Crépeau et utilisée pendant trois décennies : « La Rochelle, belle et rebelle ».

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Date de dernière mise à jour : 09/06/2013

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